À une époque, un ciné était la valeur sûre pour un premier date.
On choisissait le film avec soin, on s’asseyait côte à côte sans trop savoir quoi faire de ses mains. Le noir faisait le reste. Le film devenait un prétexte, une protection, parfois un révélateur. On tombait amoureux pendant le film, ou juste après.
Le cinéma a longtemps été ce lieu magique où l’amour pouvait commencer sans avoir à s’expliquer. Où le silence comptait autant que les mots. Aujourd’hui encore, il reste un espace unique pour raconter l’amour sous toutes ses formes : passionnel, filial, contrarié, durable ou éphémère.
Dans cette newsletter, on vous conseille des films ou séries parfaits pour une Saint-Valentin en duo ou en solo. Parce qu’aimer, comme se passionner pour un film ou une série, reste un acte de foi.
Team Bridgerton ou Team Rivalry ?
Deux visions de la passion, deux intensités, un même vertige. À vous de choisir votre camp.
La Chronique des Bridgerton – Saison 4
Si l’amour est pour vous une affaire de regards retenus, de lettres jamais envoyées et de désirs corsetés, la saison 4 de La Chronique des Bridgerton (Netflix) est votre terrain de jeu. Les quatre derniers épisodes seront disponibles le 26 février.
Toujours aussi somptueuse, la série continue d’explorer l’idée que le sentiment amoureux est un acte de rébellion douce : aimer contre les règles, contre la famille, contre son rang. Ici, l’amour est un spectacle : ballets de conventions sociales, slow burn millimétré, sensualité feutrée. On soupire plus qu’on ne brûle, mais on y croit très fort.
Idéal si vous aimez : le romantisme classique, les passions empêchées, l’amour comme promesse d’émancipation.
Heated Rivalry
Ici, l’amour n’est ni poli ni sage. Il est physique, obsessionnel, clandestin. Dans Heated Rivalry (HBO Max), deux hockeyeurs, ennemis publics, amants secrets, incapables de se détacher l’un de l’autre. C’est cru, addictif, d’une honnêteté émotionnelle désarmante. L’amour n’y est pas idéalisé : il est compliqué, parfois toxique, mais profondément nécessaire. Une romance qui assume le désir comme moteur narratif.
Idéal si vous aimez : les enemies-to-lovers, la tension sexuelle maximale, les histoires d’amour qui cognent avant de réparer.
Verdict ?
Team Bridgerton si vous croyez à l’amour comme une danse codifiée, belle et dangereuse.
Team Rivalry si vous pensez que l’amour est un combat, un feu, un risque permanent.
Et si la vérité, c’était d’être un peu des deux ?
Passions et tempêtes
Alors oui c’est vrai : Hurlevent n’est pas une transposition littérale du roman culte d’Emily Brontë. Oui, la réalisatrice a exacerbé la sensualité pour en faire le Autant en emporte le vent de la génération Bridgerton. Mais cette réincarnation des désirs, des blessures, des rancœurs dans un langage cinématographique plus accessible n’est pas déplaisante. Bien au contraire!
Les Hauts de Hurlevent a déjà été mille fois adapté, et tout aussi souvent trahi. Emerald Fennell le sait et ne prétend pas revenir à une version “pure”. Elle mise sur l’émotion, le romanesque, la chair. Avec Hurlevent, elle signe un film qui assume pleinement sa nature excessive. Margot Robbie incarne une Cathy flamboyante, imprévisible, tandis que Jacob Elordi impose un Heathcliff magnétique, taiseux, presque mythologique. Une grande romance pop, imparfaite mais habitée, pour celles et ceux qui aiment quand l’amour déborde, quitte à tout emporter.
En salles depuis le 11 février. Au CGR de Fontaine Le Comte, Hurlevent sera le 13 février, au coeur d’une soirée spéciale avec cocktail, love store et stand de coiffure. Toujours le 13 février, le CGR de Colmar organise une soirée romance autour de Hurlevent. Au programme, présentation du roman et de ses adaptations, représentation théâtrale par la Comédie de Colmar, puis la projection du film et cocktail.
Ce que l’amour enregistre, même quand il s’efface
Avec Le son des souvenirs, l’amour se dit à voix basse. Deux jeunes mélomanes (Lionel et David) se rencontrent, s’aiment et se séparent en quête de musique et de sens. Ensemble, ils parcourent le New England pour enregistrer des chants folkloriques. Leur romance se déploie dans les silences, les paysages, les airs populaires qu’ils enregistrent avant qu’ils ne disparaissent. Le film adapté du récit de Ben Shattuck, La forme et la couleur des sons, est d’une grande délicatesse, presque trop : à force de retenue, l’émotion reste parfois à distance, comme étouffée sous sa propre pudeur. Si l’intention est belle – célébrer l’amour comme une force qui se murmure plutôt que s’exhibe –, le film peine parfois à capturer l’ardeur qu’il promet. Mais cette frustration fait aussi sa beauté : Le son des souvenirs raconte un amour qui ne s’impose jamais, qui survit dans la mémoire, les voix, et ce qui résonne longtemps après la séparation. En salles à partir du 25 février. Avant première au cinéma Le Rialto à Nice le 13 février à 20h dans le cadre du ciné club “queer gender trouble” et le 17 février à 19h45 au Pathé Bellecour (Lyon).
La rom-com des sentiments qui prennent leur temps
People We Meet in Vacation, c’est Quand Harry rencontre Sally version millennial. Même mécanique délicieuse : deux amis, beaucoup trop complices pour être honnêtes, des années de conversations, de silences, de malentendus…
En adaptant le roman d’Emily Henry, Brett Haley montre que l’amour n’est pas un coup de foudre mais une construction patiente, faite de timing raté, de mauvaises décisions et de vérités qu’on repousse. Sur Netflix.
Aimer, c’est parfois rater le rendez-vous
Avec 5 centimètres par seconde, Yoshiyuki Okuyama s’attaque à l’œuvre manga culte de Makoto Shinkai en choisissant la retenue plutôt que la démonstration. Cette adaptation « live », en salles le 25 février, transpose dans le réel une mélancolie déjà fragile : celle des amours qui se manquent, des mots qui arrivent trop tard, des vies qui avancent à des rythmes différents. Le film capte avec justesse l’essence du récit original : aimer c’est accepter la distance et le silence. Si la magie visuelle de l’animation se dissipe par endroits, le geste reste beau, délicat, profondément romantique. Une variation sensible sur l’amour comme un rêve évanoui.
Le Luxy à Ivry-sur-Seine a la bonne idée de le programmer le 13 mars dans une double séance autour des rêves des lycéens japonais (avec Happyend de Neo Sora et une pause gourmande!).
La vraie love story, c’est maman
Avec LOL 2.0, Lisa Azuelos déplace le curseur : finies les amours d’ado, place à l’amour mère-fille, celui qui résiste au temps, aux clashs et aux retours à la maison. Anne pensait avoir retrouvé sa liberté ; Louise (la petite soeur de Lola) revient, cabossée. Et avec elle, tout ce qui n’a jamais été totalement réglé.
Le film capte avec justesse cette relation faite de tendresse maladroite, de reproches anciens et d’un amour inconditionnel qui ne sait pas toujours comment se dire. Sophie Marceau est bouleversante de retenue, tandis que Thaïs Alessandrin incarne une génération en chute libre, mais jamais cynique.
Sans révolutionner la formule, LOL 2.0 touche juste : aimer son enfant adulte, c’est apprendre à le laisser tomber pour mieux l’accueillir. En salles depuis le 11 février.
Aimer sous les projecteurs
Ryan Murphy ne produit pas que des séries choc. Avec Love Story : John F. Kennedy Jr & Carolyn Bessette, il s’inscrit dans un registre plus classique : le récit d’un couple iconique pris au piège de sa propre légende. La série retrace la rencontre, l’idylle puis l’érosion intime de John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, sous la pression médiatique permanente. Un portrait sobre et mélancolique d’un amour exposé, fragile, et finalement impossible. A découvrir à partir du 13 février sur Disney+.
Un festival à l’écoute des voix engagées
Les films politiques et les voix engagées sont à l’honneur de la 4e édition du festival Regards Satellites qui se tient à Saint-Denis (93), du 13 au 22 février. En ouverture, un documentaire inédit de Claire Simon sur les mots d’Annie Ernaux et leur lecture par les jeunes générations. La rétrospective de Leyla Bouzid (Une histoire d’amour et de désir), en sa présence, sera accompagnée d’une avant-première de sa nouvelle œuvre, À voix basse (en salles le 22 avril). Des hommages à Andrzej Wajda et Peter Watkins (avec la projection de l’exceptionnel La Commune) s’étaleront sur toute la semaine. Et quoi de plus actuel que de questionner l’uberisation du travail à travers un cycle de films. Enfin, le train en tant que lieu de rencontre sera mis à l’honneur durant une nuit blanche Saint-Valentin.
La Saint-Valentin dans vos cinémas
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Love Festival UGC avec Dracula (de Francis Ford Coppola) et La La Land les 13 et 14 février
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Pathé fait aussi son festival avec L’arnacoeur, Coup de foudre à Notting Hill, 50 nuances de Grey et Shakespeare in Love. La Saint-Valentin est aussi l’occasion d’acquérir un cinépass duo à moitié prix.
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Dresscode rouge pour la projection de La La Land suivi d’un karaoké géant au Cinéma La Coupole à Saint-Louis (68) le 14 février à 20h30.
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Soirée gratuite le 23 février au Centre Culturel de l’Université Bourgogne Europe Dijon qui diffusera Moonlight et Loving à partir de 18h.
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Programme romantique à la Filmothèque du quartier latin (Paris) du 14 au 27 février: La Belle et la Bete, Diamants sur Canapé, Love Story…
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Speed-dating avec la dynamique association de cinéphiles anglophones, Lost in Frenchlation, le 15 février au Luminor Hotel de Ville (Paris) après L’Ame idéale.







