Jour 4 : Les découvertes s’enchaînent

Par Sophie Benamon

Vendredi chargé : de la Grande Arche à Bono en passant par la Quinzaine et Ari Aster, le festival déploie toute sa diversité. 

11h30 : The President’s Cake – Hasan Hadi · Quinzaine des Cinéastes

© Tandem Films

Premier film irakien à Cannes. Et quel film ! Hasan Hadi raconte l’odyssée de deux gamins partis chercher des ingrédients pour un gâteau d’anniversaire du président Saddam Hussein dans un Irak rationné, aux derniers jours de la guerre. C’est tendre, puissant, parfois dur, filmé à hauteur d’enfant avec une maîtrise formelle bluffante pour un premier long métrage.

14h00 : L’Inconnu de la Grande Arche – Stéphane Demoustier · Un Certain Regard 

© 2025 AGAT FILMS, LE PACTE

Stéphane Demoustier continue d’explorer les zones d’ombre de la société française avec une précision clinique. Après La fille au bracelet, Stéphane Demoustier s’empare de l’histoire de la Grande Arche de la Défense pour dessiner une oeuvre millimétrée sur le prix des rêves. Retour dans les années 1980 quand François Mitterrand rêvait d’une perspective royale. Le président socialiste lance alors un concours d’architecture à l’échelle internationale dont les participants sont anonymes. Au grand étonnement de tous, un Danois inconnu décroche la timbale avec “le Cube”. De mois en mois, on le voit combattre la bureaucratie française, les changements d’humeur d’un Président Constructeur, les jalousies des confrères et pire que tout, la cohabitation de 1986. C’est ambitieux, formellement soigné. Une perle dans la sélection Un Certain Regard. 

18h45 : Eddington – Ari Aster · Compétition officielle

© Metropolitan Films

Ari Aster sort de sa zone de confort et ça crée de l’électricité. Après Hereditary et Midsommar, Aster change de registre avec ce western psychologique qui évoque les tensions communautaires américaines post-Covid. C’est ambitieux, parfois bordélique, mais traversé d’une énergie folle. Certains dans la salle adorent, d’autres décrochent. En tout cas, personne ne reste indifférent.

22h15 : Bono: The Stories of Surrender – Andrew Dominik · Hors compétition 

Bono à Cannes. Oui, vraiment. Et c’est fascinant. Ce film-concert tiré du show solo de Bono est une expérience à part. Filmé par Andrew Dominik (L’Assassinat de Jesse James, Blonde), le réalisateur sait magnifier ses sujets. Le chanteur de U2 y raconte sa vie avec une franchise désarmante : les débuts de U2, Achtung Baby, le décès de sa mère, la foi. Ce n’est pas exactement du cinéma au sens traditionnel, mais c’est captivant de bout en bout. Et chanter en coeur avec l’artiste à la fin d’une standing ovation d’anthologie restera pour les 2300 spectateurs de l’amphithéâtre Lumière un souvenir inoubliable.

Bono et Sean Penn — l’acteur et ami venu soutenir le chanteur de U2
Bono et The Edge (U2) au Palais des Festivals