Journée consacrée aux cinéastes et talents émergents et un prix pour un grand directeur de photo, Dion Beebe. Hommage bouleversant à une légende du cinéma français.
8h45 : Sorry Baby – Eva Victor · Quinzaine des Cinéastes

Un film sur le consentement et la mémoire du trauma qui ne ressemble à rien de connu. Sorry Baby aborde un sujet difficile avec une délicatesse et une intelligence formelle rares. Sans jamais verser dans le misérabilisme ni la démonstration, Eva Victor trace son chemin avec une assurance sidérante pour un premier long métrage. La Quinzaine a encore trouvé une pépite.
10h30 – Masterclass Dion Beebe Prix Angénieux / Cérémonie · Événement

Un juste tribut au chef opérateur australien Dion Beebe. Le prix Angénieux récompense chaque année un directeur de la photographie d’exception. Cette année, c’est Dion Beebe – chef opérateur de Chicago, Collateral, Memoirs of a Geisha – qui reçoit la distinction. Il a évoqué sa collaboration avec Rob Marshall et les prouesses techniques qu’il a mis en oeuvre sur Chicago. Il est actuellement en train de terminer le film d’Antoine Fuqua, Michael, un biopic sur Michael Jackson. Notre interview à voir sur notre chaîne Tik Tok.
11h15 : Le Son des Souvenirs – Oliver Hermanus · Compétition officielle

Le Sud-Africain Oliver Hermanus signe un film émouvant sur la mémoire et ce qui reste. Oliver Hermanus (Moffie, Living) revient avec un film intimiste et musical qui explore comment les souvenirs s’encodent dans les sons et les images. Deux jeunes mélomanes (Lionel et David) se rencontrent, s’aiment et se séparent en quête de musique et de sens. Ensemble, ils parcourent le New England pour enregistrer des chants folkloriques. Leur romance se déploie dans les silences, les paysages, les airs populaires qu’ils enregistrent avant qu’ils ne disparaissent. Le film adapté du récit de Ben Shattuck, La forme et la couleur des sons, est d’une grande délicatesse, presque trop : à force de retenue, l’émotion reste parfois à distance, comme étouffée sous sa propre pudeur. Si l’intention est belle – célébrer l’amour comme une force qui se murmure plutôt que s’exhibe –, le film peine parfois à capturer l’ardeur qu’il promet. Mais cette frustration fait aussi sa beauté : Le son des souvenirs raconte un amour qui ne s’impose jamais, qui survit dans la mémoire, les voix, et ce qui résonne longtemps après la séparation. Formellement maîtrisé, émotionnellement bouleversant.
19h00 : La Venue de l’Avenir – Cédric Klapisch · Hors compétition

Klapisch filme le temps qui passe avec sa générosité habituelle. Cédric Klapisch (L’Auberge espagnole, En corps) revient avec un film sur la transmission entre générations et le poids des contraintes du siècle sur les femmes. On suit une véritable enquête à travers le temps et la mémoire que mènent les représentants d’une famille élargie quand ils apprennent qu’ils héritent d’une maison abandonnée. En constants allers-retours entre 1895 et 2025, se dessine le portrait d’une France qui cherche son avenir entre création et réseaux sociaux. C’est chaleureux, humain comme la magnifique scène des adieux du prof. Une dose de bonne humeur et d’espoir bienvenue en fin de Festival.
19h30 – L’Homme qui a Vu l’Ours qui a Vu l’Homme – Pierre Richard · Séance spéciale
Le grand Pierre Richard derrière la caméra. Un moment d’émotion pure. Il est arrivant claudiquant. Puis aussitôt en a rigolé. Pierre Richard – 91 ans – avait à coeur de venir présenter sa dernière folie, L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, un film, inclassable, comme son auteur, qui porte toute la sensibilité et la mélancolie d’un immense artiste au crépuscule de sa vie. L’occasion était trop belle pour que le Festival de Cannes n’en profite pas pour lui rendre l’hommage qui lui est dû. Les mots de Thierry Frémaux ont justement salué l’artiste et son apport au cinéma mondial. L’ovation a été spontanée et interminable. On a pleuré.

