Dernier jour. Il est temps de rattraper les films loupés grâce à la reprise de la compétition dans les différentes salles du Palais. Au programme d’Intervistar: le film brésilien L’agent secret dont La Croisette murmure qu’il sera au palmarès. Une panne de courant géante frappe la ville en début de journée mais le Palais des Festivals, doté d’un système électrique indépendant, tient bon. La cérémonie aura lieu.
11h00 : L’Agent Secret – Kleber Mendonça Filho · Compétition officielle

Le Brésilien revient en pleine forme avec un thriller politique tendu. Kleber Mendonça Filho (Aquarius, Bacurau) plonge dans le Brésil de la dictature militaire des années 70 à travers l’histoire d’un agent au passé trouble. C’est un film de genre qui n’oublie pas d’être politique, avec une direction d’acteurs impeccable. Wagner Moura (Narcos, Civil War) y est immense.
18h40 : La cérémonie de clôture
LE PALMARÈS DU 78e FESTIVAL DE CANNES
PALME D’OR
Un Simple Accident – Jafar Panahi
Panahi, interdit de sortir d’Iran pendant 14 ans, emprisonné pour propagande contre le régime, libéré en 2023 après une grève de la faim, reçoit la plus haute distinction cannoise. Il dédie sa Palme à tous les artistes exilés d’Iran. La salle entière se lève. Un moment historique.
GRAND PRIX
Valeur Sentimentale (Affeksjonsverdi) – Joachim Trier
Premier Grand Prix norvégien dans l’histoire du Festival. Un film sur la famille, le cinéma et les acteurs.
PRIX DE LA MISE EN SCÈNE
L’Agent Secret (O Agente Secreto) – Kleber Mendonça Filho
Claude Lelouch remet le prix avec cette formule : “Le metteur en scène est au cinéma ce que la rampe est à l’escalier”.
PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE
Wagner Moura dans L’Agent Secret
Remis à Kleber Mendonça Filho en l’absence de l’acteur. Double récompense pour le film brésilien.
PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE
Nadia Melliti dans La Petite Dernière
Remis par Daniel Auteuil. La jeune actrice est bouleversante de spontanéité.
PRIX DU JURY (EX-AEQUO)
Sirat – Oliver Laxe – et Sound of Falling (Les Échos du passé) – Mascha Schilinski Da’Vine Joy Randolph remet ce double Prix du Jury pour deux films radicaux qui ont divisé le public cannois.
PRIX DU SCÉNARIO
Jeunes Mères – Jean-Pierre & Luc Dardenne
John C. Reilly fait chanter La Vie en rose à la salle avant de remettre le prix aux frères belges, qui signent leur sixième récompense cannoise.
PRIX SPÉCIAL
Résurrection (Kuang Ye Shi Dai) – Bi Gan
Un film somme sur le cinéma.
CAMÉRA D’OR
The President’s Cake — Hasan Hadi
Premier film irakien en sélection officielle. Remis par Alice Rohrwacher.
20h00 : La Conférence de Presse du Jury
Après la cérémonie, le jury présidé par Juliette Binoche tient sa conférence de presse. Autour de la table : Halle Berry (actrice, USA), Payal Kapadia (réalisatrice, Inde), Alba Rohrwacher (actrice, Italie), Leïla Slimani (écrivaine franco-marocaine), Dieudo Hamadi (réalisateur, Congo), Hong Sangsoo (réalisateur, Corée), Carlos Reygadas (réalisateur, Mexique) et Jeremy Strong (acteur, USA). Un jury d’une diversité rare, qui défend un cinéma exigeant, politique et mondial. Juliette Binoche, souriante et détendue, laisse entendre que les délibérations ont été passionnées.


20h30 : La Conférence de Presse des Lauréats
Après la cérémonie, les lauréats se réunissent face à la presse internationale. Les frères Dardenne arrivent avec leur Prix du scénario et une sérénité qui ne les quitte jamais — Jean-Pierre et Luc ont l’habitude des Palais et des micros, mais ils ne banalisent rien. Oliver Laxe, cheveux longs, regard ailleurs, tient sa Palme avec l’incrédulité de quelqu’un qui n’y croyait pas vraiment. Hafsia Herzi et Nadia Melliti arrivent ensemble — la réalisatrice et son actrice. Enfin Jafar Panahi vient présenter sa Palme à l’auditoire qui le salue et l’ovationne. Ce n’est pas seulement un cinéaste devant nous, c’est un citoyen du monde qui a échappé au pire. Un palmarès juste, courageux, qui met en avant un cinéma de résistance et d’humanité. À l’année prochaine sur la Croisette.


